Préparation d'une valise de vacances

Partir en vacances quand on est aidant : se reposer sans culpabiliser

Partir en vacances quand on est aidant, c’est souvent la chose qu’on s’autorise en dernier — quand on se l’autorise. On y pense, on en rêve même, et puis une petite voix s’en mêle : « Et lui, pendant ce temps ? » Alors on annule, on repousse, on reste. Encore une fois.

Pourtant, ce repos n’est pas un luxe. C’est une condition pour tenir. En tant que spécialiste en gériatrie, j’ai vu beaucoup d’aidants s’effondrer faute d’avoir su s’arrêter à temps. Voici comment vous accorder ces vacances — sans que la culpabilité vous gâche chaque journée.

Pourquoi partir en vacances quand on est aidant n’est pas un abandon

Un aidant épuisé n’aide plus bien. C’est mécanique : la fatigue accumulée use la patience, brouille le jugement, abîme la santé. Vous reposer, ce n’est pas tourner le dos à votre proche — c’est recharger ce qui vous permet de continuer à prendre soin de lui. On ne porte personne pendant des années sans jamais poser son fardeau. Voir ces vacances comme un soin que vous vous offrez, et non comme une fuite, change déjà tout.

Fille embrassant sa mère âgée sur la joue
Photo : Pexels

D’où vient la culpabilité (et pourquoi elle ment)

La culpabilité de l’aidant repose sur une croyance silencieuse : « Personne ne s’occupera de lui aussi bien que moi. » C’est probablement vrai. Mais « aussi bien que vous » n’est pas nécessaire pour quelques jours — « suffisamment bien » l’est. Votre proche peut survivre, et même aller très bien, entre d’autres mains que les vôtres. Ce n’est pas votre amour qu’on remet en question quand vous partez : c’est l’idée que vous devriez être irremplaçable en permanence. Vous ne l’êtes pas. Et c’est une bonne nouvelle.

Si cette voix intérieure vous connaît bien, j’ai consacré un article entier à la culpabilité de l’aidant et comment s’en libérer.

Préparer le départ : organiser le relais

La tranquillité d’esprit se prépare. Plusieurs solutions existent, seules ou combinées :

  • L’hébergement temporaire : votre proche est accueilli quelques jours à quelques semaines dans un EHPAD ou une résidence qui propose des places dédiées, encadré et en sécurité. C’est LA solution pensée pour les vacances de l’aidant — mais les places partent vite : le portail officiel des personnes âgées recommande d’anticiper la réservation plusieurs mois avant l’été. Mon guide complet de l’hébergement temporaire est ici.
  • Le relayage à domicile : un professionnel s’installe chez lui, à votre place, pour qu’il garde ses repères. Idéal quand le changement de lieu angoisse votre proche.
  • L’accueil de jour ou de nuit : pour des absences plus courtes, ou en complément d’un relais familial. Comment faire la démarche.
  • Le relais familial : un frère, une sœur, un enfant prend le relais — à condition de tout transmettre clairement.

Dans tous les cas, préparez un petit dossier : ordonnances, habitudes, numéros utiles, gestes du quotidien. Ce document rassure tout le monde — la personne qui vous remplace comme vous-même. Si vous voulez aller vite, le classeur d’urgence de l’aidant liste les 10 documents à réunir.

Le droit au répit : un coup de pouce pour financer le relais

Bonne nouvelle : vous n’avez pas forcément à tout payer de votre poche. Si votre proche bénéficie de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie), le droit au répit peut financer une partie des solutions de relais — hébergement temporaire, accueil de jour ou renforcement de l’aide à domicile — lorsque votre présence est indispensable au quotidien. La demande se fait auprès des services du conseil départemental, qui gèrent le dossier APA. Le fonctionnement détaillé du droit au répit est expliqué ici.

Pensez aussi aux caisses de retraite et aux mutuelles : certaines participent au financement d’un hébergement temporaire ou d’un séjour de répit. Un appel au CCAS de votre mairie ou à un point d’information local permet de faire le tour des aides possibles pour votre situation.

Choisir des vacances vraiment reposantes

Inutile de viser l’autre bout du monde. Ce qui compte, c’est de couper : un lieu calme, peu de logistique, du sommeil, du temps lent. Mieux vaut trois jours de vrai repos qu’une grande expédition épuisante. Et si l’idée de partir seul·e vous pèse, sachez qu’il existe des séjours pensés pour les aidants, parfois même des séjours où l’on part avec son proche tout en étant épaulé par des professionnels — c’est le principe du séjour de répit aidant-aidé, que je détaille dans un article dédié.

Pendant le séjour : s’autoriser à lâcher

Le plus dur n’est pas de partir, c’est d’être vraiment là une fois parti. Fixez un seul moment d’appel par jour, puis posez le téléphone. Vérifier dix fois ne rend pas votre proche plus en sécurité — ça vous empêche seulement de souffler. Chaque fois que la culpabilité revient, rappelez-vous : vous ne fuyez pas, vous vous rechargez. Et c’est précisément ce dont votre proche a besoin sur le long terme.

En résumé

Partir en vacances quand on est aidant, ce n’est ni égoïste ni dangereux : c’est ce qui vous permet de tenir la distance. Organisez le relais (hébergement temporaire, relayage, famille), activez le droit au répit si votre proche a l’APA, choisissez un repos simple et vrai, et acceptez de lâcher prise une fois sur place. La culpabilité parlera fort — mais elle a tort. Vous avez le droit de vous reposer. Votre proche, lui, a besoin d’un aidant debout, pas d’un aidant à terre.

Questions fréquentes

Qui peut s’occuper de ma mère pendant mes vacances ?

Quatre grandes options : l’hébergement temporaire en établissement, le relayage à domicile par un professionnel, l’accueil de jour ou de nuit en complément, et le relais familial. Elles peuvent se combiner. Le portail officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr consacre une rubrique entière aux vacances des aidants et recense les solutions près de chez vous.

Combien de temps peut durer un hébergement temporaire ?

De quelques jours à quelques semaines selon les établissements, le temps de vos congés ou d’un besoin ponctuel. Les places dédiées sont limitées, surtout l’été : réservez plusieurs mois à l’avance. Tout sur l’hébergement temporaire.

Existe-t-il des vacances où je pars avec mon proche ?

Oui : des séjours de répit accueillent l’aidant et la personne aidée ensemble, avec des professionnels qui prennent le relais des soins sur place. Vous restez proches, mais vous soufflez enfin. Le guide du séjour de répit.

Comment financer le relais pendant mon absence ?

Si votre proche bénéficie de l’APA, demandez l’activation du droit au répit auprès du conseil départemental. Complétez avec votre caisse de retraite, votre mutuelle et le CCAS de votre mairie, qui connaissent les aides locales. Le droit au répit expliqué simplement.

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N. Hazil, spécialiste en gériatrie

Écrit par N. Hazil · Spécialiste en gériatrie

Spécialiste en gériatrie et aidante familiale, j’accompagne les familles qui prennent soin d’un proche âgé. Chaque article s’appuie sur mon expérience de terrain et des sources officielles. En savoir plus sur moi →

Cet article est un contenu d’information rédigé par une spécialiste en gériatrie. Il ne remplace pas un avis médical ou juridique personnalisé. Parlez-en à votre médecin traitant ou aux organismes officiels cités.

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Cet article est rédigé par N. Hazil, spécialiste en gériatrie et aidante familiale. Sur Le Relais des Aidants, je partage des conseils fiables et concrets — pour vous accompagner sans vous épuiser.

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Article rédigé par Naima, spécialiste en gériatrie.

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