Aidante aidant une femme âgée à se redresser avec une béquille

Chute d’une personne âgée : que faire et quand appeler les urgences

La chute d’une personne âgée est l’une des situations les plus angoissantes pour un aidant — et l’une des plus fréquentes. Sur le moment, la panique guette : faut-il la relever ? Appeler les secours ? Attendre ? De mauvaises réactions, même bien intentionnées, peuvent aggraver une blessure. Garder en tête les bons gestes permet d’agir vite et juste, sans paniquer. Voici, étape par étape, ce qu’il faut faire — et quand appeler les urgences.

L’essentiel en 30 secondes

  • Ne relevez jamais la personne tout de suite. Parlez-lui, rassurez-la, évaluez d’abord.
  • Appelez le 15 si elle est confuse, a très mal, ne peut pas bouger un membre, a un membre déformé, saigne, a reçu un choc à la tête ou prend des anticoagulants.
  • Si elle va bien : aidez-la à se relever par étapes, en s’appuyant sur une chaise — jamais en la tirant par les bras.
  • Après : cherchez toujours la cause. Une chute n’est jamais « juste un accident ».

Garder son calme et évaluer la situation

Le premier réflexe : ne pas relever la personne immédiatement. Parlez-lui, rassurez-la, et évaluez d’abord. Est-elle consciente ? Répond-elle clairement ? A-t-elle mal quelque part ? Peut-elle bouger ses bras et ses jambes ? Voyez-vous une plaie, un saignement, une déformation (un membre tordu, une jambe plus courte ou tournée vers l’extérieur, signe possible de fracture) ? Cette évaluation de quelques secondes détermine la suite : se précipiter pour relever quelqu’un qui a une fracture du col du fémur peut faire de gros dégâts.

Quand appeler le 15 (SAMU)

Appelez immédiatement le 15 si la personne présente l’un de ces signes :

  • Elle est inconsciente, somnolente ou confuse de façon inhabituelle.
  • Elle a très mal et ne peut pas bouger un membre, ou celui-ci est déformé.
  • Elle a reçu un choc à la tête, saigne abondamment, ou vomit.
  • Elle prend des anticoagulants (risque d’hémorragie interne) — même sans plaie visible.
  • Elle est restée longtemps au sol, a froid, ou ne peut pas se relever malgré votre aide.

Dans le doute, appelez : le médecin régulateur du 15 vous guidera au téléphone et décidera de l’envoi des secours. Mieux vaut un appel « pour rien » qu’une fracture ou une hémorragie passée inaperçue.

Relever ou appeler ? Le tableau de décision

En cas de doute, ce tableau vous aide à trancher en quelques secondes. À la moindre incertitude, on ne relève pas et on appelle le 15.

🚑 Appelez le 15 immédiatement si…✅ Vous pouvez l’aider à se relever si…
Elle est inconsciente, somnolente ou confuseElle est consciente et répond clairement
Douleur vive, membre déformé ou impossible à bougerAucune douleur vive ni déformation
Choc à la tête, saignement, vomissementsElle bouge bras et jambes sans difficulté
Elle prend des anticoagulantsElle vient de tomber, sous votre surveillance
Restée longtemps au sol, a froid, ne peut pas se releverElle se sent capable de se redresser avec de l’aide

Comment aider à se relever, étape par étape

Si la personne est consciente, sans douleur vive ni déformation, et qu’elle peut bouger : ne la tirez jamais par les bras. Laissez-la prendre son temps et guidez-la par étapes.

  1. Rassurez-la et laissez-la reprendre son souffle avant tout mouvement : rien ne presse.
  2. Approchez une chaise solide (ou un fauteuil stable) tout près d’elle.
  3. Aidez-la à se tourner sur le côté, puis à se mettre à quatre pattes, face à la chaise.
  4. Guidez ses mains sur l’assise de la chaise pour qu’elle prenne appui.
  5. Faites-lui amener un pied à plat devant elle, genou plié.
  6. Laissez-la se redresser doucement en poussant sur sa jambe et ses bras, pendant que vous la sécurisez sans forcer ; faites-la ensuite s’asseoir.

En cas de doute ou si elle est trop lourde, ne vous blessez pas le dos : appelez de l’aide ou les pompiers (18). Mes conseils pour soulager le dos de l’aidant s’appliquent ici aussi.

Après la chute : surveiller et comprendre

Même si tout semble aller bien, surveillez votre proche dans les heures et les jours qui suivent : une douleur qui apparaît, un bleu qui s’étend, un comportement qui change doivent amener à consulter. Surtout, cherchez la cause : une chute n’est jamais « juste un accident ». Malaise, médicament, baisse de tension, problème de vue, obstacle au sol, perte d’équilibre… Parlez-en au médecin, car repérer la cause permet d’éviter la récidive. C’est tout le sens de la prévention détaillée dans notre guide Prévenir les chutes à domicile.

Exemple concret : la chute de la mère de Sylvie

Prenons l’exemple de Sylvie, 54 ans. Un soir, sa mère de 82 ans l’appelle en pleurs : elle est tombée dans le couloir et ne peut pas se relever. Au lieu de foncer la redresser, Sylvie applique la bonne méthode. Au téléphone, elle lui demande : « Tu peux bouger tes jambes ? Tu as mal quelque part ? » Sa mère a mal à la hanche et ne peut pas bouger la jambe droite, tournée vers l’extérieur.

Sylvie ne tente rien : ces signes évoquent une possible fracture du col du fémur. Elle appelle le 15, couvre sa mère d’un plaid pour éviter qu’elle ne se refroidisse, glisse un coussin sous sa tête sans la déplacer, et reste au téléphone avec elle jusqu’à l’arrivée des pompiers. À l’hôpital, le diagnostic tombe : fracture confirmée. En ne la relevant pas, Sylvie a évité d’aggraver la blessure. Depuis, sa mère porte une montre avec détection de chute : le réflexe qui a tout changé pour les fois suivantes.

Anticiper : le matériel qui sauve en cas de chute

La meilleure gestion d’une chute, c’est celle qu’on a anticipée. Pour une personne qui vit seule ou qui a déjà chuté, un dispositif de téléassistance (médaillon ou montre avec détection automatique de chute) est sans doute l’investissement le plus utile : il permet d’alerter un proche ou une centrale même quand la personne ne peut pas se relever ni atteindre le téléphone. Rester de longues heures au sol, sans pouvoir appeler, est l’un des plus grands dangers — autant qu’une fracture, parfois davantage, à cause de l’hypothermie et de la déshydratation.

Pensez aussi à garder un téléphone toujours à portée, à laisser un double des clés à un voisin de confiance, et à dégager les zones de passage pour faciliter l’arrivée des secours. Et bien sûr, agissez en amont sur les causes de chute : éclairage, tapis, chaussures, barres d’appui. Une maison bien préparée transforme une chute potentiellement dramatique en simple frayeur.

Questions fréquentes

Faut-il relever tout de suite une personne âgée qui a chuté ?

Non. Parlez-lui, évaluez d’abord : conscience, douleur, capacité à bouger, déformation d’un membre. Au moindre signe de gravité, ne la relevez pas et appelez le 15, qui vous guidera au téléphone.

Quand appeler le 15 après une chute ?

Immédiatement si la personne est inconsciente ou confuse, a très mal, ne peut pas bouger un membre, a reçu un choc à la tête, saigne, vomit, prend des anticoagulants ou est restée longtemps au sol. Dans le doute, appelez : le médecin régulateur décidera.

Pourquoi rester longtemps au sol est-il si dangereux ?

Au-delà de la blessure initiale, une station prolongée au sol expose à l’hypothermie, à la déshydratation et à des lésions musculaires. C’est pourquoi un dispositif d’alerte (téléassistance, détecteur de chute) est si utile pour une personne qui vit seule.

Comment éviter une nouvelle chute ?

Cherchez toujours la cause avec le médecin (médicaments, vision, équilibre, tension) et agissez sur le logement : éclairage automatique, retrait des tapis, chaussures fermées, barres d’appui. Un bilan kiné ou un atelier équilibre peuvent aussi être proposés.

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N. Hazil, spécialiste en gériatrie

Écrit par N. Hazil · Spécialiste en gériatrie

Spécialiste en gériatrie et aidante familiale, j’accompagne les familles qui prennent soin d’un proche âgé. Chaque article s’appuie sur mon expérience de terrain et des sources officielles. En savoir plus sur moi →

Cet article donne des repères généraux rédigés par une spécialiste en gériatrie et ne remplace pas un avis médical. En cas d’urgence, appelez le 15 (ou le 112).

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Cet article est rédigé par N. Hazil, spécialiste en gériatrie et aidante familiale. Sur Le Relais des Aidants, je partage des conseils fiables et concrets — pour vous accompagner sans vous épuiser.

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Article rédigé par Naima, spécialiste en gériatrie.

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