Femme retraitée tenant un portefeuille avec des billets

ASH : l’aide sociale à l’hébergement en EHPAD (2026)

Quand la retraite et l’aide de la famille ne suffisent pas à payer l’EHPAD, il existe un dernier filet de sécurité : l’aide sociale à l’hébergement, ou ASH. Versée par le département, elle prend en charge une partie des frais d’hébergement. Mais elle obéit à des règles précises — notamment la récupération — qu’il vaut mieux connaître avant de la demander.

L’essentiel en 30 secondes

  • L’ASH couvre une partie du tarif hébergement en établissement habilité à l’aide sociale, pour les personnes de plus de 65 ans (ou 60 si inaptes) aux ressources insuffisantes.
  • La personne consacre l’essentiel de ses revenus au paiement, mais on lui laisse au minimum 10 % de ses revenus, jamais moins de 125 €/mois.
  • C’est une avance récupérable : sur la succession, en cas de retour à meilleure fortune, et sur les donations des 10 dernières années.
  • Les obligés alimentaires (enfants, gendres, belles-filles) sont mis à contribution ; les petits-enfants en sont dispensés.

Qu’est-ce que l’ASH ?

L’ASH est une aide du conseil départemental destinée aux personnes âgées dont les ressources ne couvrent pas le coût de leur hébergement en établissement (EHPAD, USLD, parfois résidence autonomie). Elle complète ce que la personne et ses obligés alimentaires peuvent payer, et vient combler le reste à charge une fois toutes les autres ressources mobilisées.

Aidante préparant le dossier d'aide sociale à l'hébergement de son parent
Photo : Pexels

Conditions et fonctionnement

  • Être âgé d’au moins 65 ans (ou 60 ans en cas d’inaptitude au travail).
  • Avoir des ressources inférieures au montant des frais d’hébergement.
  • Résider dans un établissement habilité à l’aide sociale — tous ne le sont pas : à vérifier impérativement avant l’entrée.

Concrètement, la personne consacre l’essentiel de ses revenus au paiement de l’hébergement. La loi garantit toutefois qu’on lui laisse au minimum 10 % de ses revenus, et en aucun cas moins de 125 € par mois pour ses dépenses personnelles. Lorsque le conjoint reste vivre à domicile, une somme minimale d’environ 1 043,59 € par mois lui est laissée. Le département règle ensuite le reste à l’établissement, après avoir évalué la participation éventuelle des obligés alimentaires.

ASH, APA et aide au logement : qui paie quoi ?

On confond souvent ces trois aides. Elles s’attaquent en réalité à des parts différentes de la facture et se cumulent.

Aide Sur quelle part ? Récupérable ? Obligation alimentaire ?
ASH Tarif hébergement Oui (succession, meilleure fortune, donations) Oui (enfants, gendres, belles-filles)
APA en établissement Tarif dépendance (selon le GIR) Non Non
Aide au logement (APL/ALS) Part « loyer » si conventionné Non Non

On mobilise d’abord l’APA et les revenus de la personne, puis l’aide au logement et l’obligation alimentaire, et l’ASH vient combler ce qui reste. C’est cet empilement, propre à chaque dossier, qu’une assistante sociale aide à calculer.

Le point qui surprend : la récupération

C’est l’aspect le plus important à comprendre. L’ASH est une avance, pas un don. Les sommes versées peuvent être récupérées par le département :

  • sur la succession du bénéficiaire, sur l’actif net, après son décès ;
  • en cas de retour à meilleure fortune (héritage, gain) du vivant de la personne ;
  • sur les donations consenties dans les 10 ans précédant la demande d’ASH (ou après).

C’est pourquoi la décision de demander l’ASH se réfléchit en famille, surtout s’il existe un bien immobilier dans la succession. Ce sujet rejoint celui de la donation-partage et de la protection du patrimoine.

Comment la demander, étape par étape

  1. Vérifiez l’habilitation de l’établissement à l’aide sociale : c’est la condition la plus souvent oubliée.
  2. Retirez et déposez le dossier au CCAS de la commune de résidence (ou au conseil départemental).
  3. Fournissez les justificatifs de ressources du résident et des obligés alimentaires, ainsi que la liste des obligés (livret de famille).
  4. L’instruction est menée par le conseil départemental ; la décision revient au président du département.
  5. Demandez une révision plus tard si les revenus baissent : le montant de l’ASH peut être réévalué.

N’hésitez pas à solliciter une assistante sociale : elle connaît les barèmes locaux et sait articuler ASH, APA et obligation alimentaire pour alléger le reste à charge.

Réviser, contester : vos marges de manœuvre

Un dossier d’ASH n’est jamais totalement figé. Deux leviers méritent d’être connus :

  • La révision du montant : si les revenus de la personne âgée ou de ses obligés alimentaires baissent (retraite réduite, perte d’emploi d’un enfant contributeur), vous pouvez demander au département de recalculer l’aide. Adressez une demande écrite avec les justificatifs actualisés.
  • La contestation : en cas de désaccord avec la décision (montant de la participation, répartition entre obligés), un recours est possible. Faites-vous accompagner par l’assistante sociale du secteur ou par le CCAS, qui connaissent la procédure de votre département.

Le rôle de l’assistante sociale est ici décisif : elle peut chiffrer votre reste à charge avant même le dépôt, repérer une aide oubliée (aide au logement, réduction d’impôt), et objectiver vos charges pour que la contribution familiale reste soutenable. Ne signez rien sans avoir compris le calcul.

Exemple concret

La mère de Sylvie, 55 ans, entre en EHPAD à 2 300 €/mois. Sa retraite est de 1 200 €. Sylvie choisit un établissement habilité, mobilise l’APA pour la dépendance, une aide au logement, puis dépose un dossier d’ASH. Le département laisse à sa mère 125 € d’argent personnel par mois, évalue une contribution modeste des deux enfants au titre de l’obligation alimentaire, et prend en charge le solde. Sylvie apprend que la maison familiale pourra être concernée par la récupération à la succession : elle en informe la fratrie pour éviter toute mauvaise surprise.

Questions fréquentes

L’ASH est-elle récupérable ?

Oui, sur la succession du bénéficiaire, en cas de retour à meilleure fortune, et sur les donations des 10 dernières années. C’est sa principale différence avec l’APA, qui n’est jamais récupérée.

Tous les EHPAD acceptent-ils l’ASH ?

Non, seuls les établissements habilités à l’aide sociale. Vérifiez ce point avant l’entrée, car il conditionne toute demande future.

Combien d’argent reste-t-il à la personne ?

Au minimum 10 % de ses revenus, et jamais moins de 125 € par mois. Si le conjoint reste à domicile, on lui garantit environ 1 043,59 € par mois.

Les petits-enfants sont-ils sollicités ?

Non. Dans le cadre d’une demande d’ASH, les petits-enfants sont dispensés de l’obligation alimentaire. Seuls les enfants, gendres et belles-filles sont concernés.

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N. Hazil, spécialiste en gériatrie

Écrit par N. Hazil · Spécialiste en gériatrie

Gériatre et aidante familiale, j’accompagne les familles qui prennent soin d’un proche âgé. Chaque article s’appuie sur mon expérience de terrain et des sources officielles. En savoir plus sur moi →

Cet article est un contenu d’information rédigé par une spécialiste en gériatrie. Il ne remplace pas un conseil personnalisé ; pourcentages, plafonds et règles de récupération sont à confirmer auprès du conseil départemental. En cas d’urgence vitale, appelez le 15.

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